Argument pour "la reine du tango" de François Baschet

Le 11 février 2014 notre cher ami et maître sculpteur François Baschet s’est éteint à Barcelone…

En me souvenant de si bons moments passés ensemble dans son merveilleux atelier rue Jean de Beauvais, dans le Vème arrondissement de Paris, m’est venu en mémoire la sollicitation que François m’avait faite, fin 2009, pour que l’on reprenne ensemble l’argument d’une sorte d’ « opérette tango » sortie de son imagination. Son idée était que notre compatriote et excellente chanteuse de tangos Estela Klainer,  puisse la représenter sous le titre : « La reine du tango ». L’argument, à la base, s’inspirait de vers de la chanson interprétée par Lina Margy dans les années 40:  « L’hirondelle du faubourg ». Malheureusement, comme tant de choses dans la vie, le projet se réduisit à un échange de courrier avec le maître et à une version écrite à partir de son « brouillon ». Version et « brouillon » que maintenant, en son hommage, j’ose reproduire. Peut-être avec l’humble espoir que si un jour à nouveau l’idée vienne à intéresser amis musiciens et acteurs, nous puissions la mettre en scène, ainsi comme l’avait rêvé notre chère François, toujours plein d’esprit et de gentillesse.

Argument pour « La Reine du tango »

Opérette tango

Sous une idée originale de François Baschet (1923-2014)

 

 

Nous sommes à Paris vers 1913. Les marins Argentins de la Frégate « Sarmiento » ont apporté les premières partitions d’une musique et d’une danse qui commence à se développer dans les faubourgs de Buenos Aires. Estelle, notre héroïne, est déjà la reine du tango de la capitale Argentine. Son nom circule assidûment parmi les habitués du célèbre café chantant, chez Hansen.

 

Nous la retrouvons dans la Ville Lumière tentant sa chance dans la capitale des tous les excès. Son amant est le caïd de maquereaux français, un vrai caftane, dont le portrait avait été réalisé avec tant de détails par le grand journaliste-croniqueur Albert Londres, dans son célèbre récit « Le chemin de Buenos Aires. La traite de Blanches ». Le tango et la java vache ne tarderont pas à revenir à la mode sous peu.

 

Pendant un concert privé qui donnait rendez vous à tout le gratin parisien, sûrement chez l’écrivain Ricardo Güiraldes, fils d’une des plus importantes familles de grands propriétaires de l’Argentine -leur domaine s’étendait sur des milliers des kilomètres dans la région de San Antonio de Areco-, un banquier richissime, comme dans « L’Hirondelle du Faubourg », reconnaît en Estelle sa fille qu’il a eu autrefois et qu’il a abandonné avec sa prostituée de mère.

Il l’adopte mais il veux l’éloigner de sont amant-maquerau. Comment fait-on oublier l’amour ? En voyageant. Il enlève Estelle et fait avec elle le tour du monde. Dans l’Orient Express, des bandits Poldèves font prisonniers le Père et Estella. L’armée Autrichienne commandé par le fils de l’Empereur les délivre. Le Prince tombe amoureux d’Estelle et l’emmène à Vienne. A la cour, Strauss, ami du Prince, découvre le tango. Nous assistons là à un grand bal de tangos straussiens.

 

Mais le maquereau et ses sbires, copie des Pieds Nickelés, poursuivent Estelle et son Père. Déguisés en cuisiniers, ils s’infiltrent à la cour. Ils ont leurs accordéons. Strauss leurs écrit des javas qu’ils joueront pour gagner sa confiance.

Le Père banquier découvre leur ruse et devant un Prince prostré, re-enlève sa fille avant que les truands en profitent. Ils repartent faisant des haltes répétées chez le Grand Turc et l’Empereur de Chine.

 

 

Les années passent, et le Père richissime est ruiné soudain par la concurrence du Citibank. Les maquereaux Pieds Nickelés cambriolent le Citibank, et sauvent le Père par un stratagème. Voilà notre homme à nouveau millionnaire. Pour ne pas avoir l’image d’un être autoritaire et insensible, comme dans La Traviata, par exemple (un père qui s’oppose aux amants !), il accepte le maquereau pour genre et le nomme sous-directeur de la Banque.

Le trio, après un long séjour entre Hong Kong et Singapour, rentre à Paris le jour de la Paix après 14-18. Clemenceau, le Roi d’Angleterre, le Président des USA donnent un banquet. Estelle, avec sa voix extraordinaire, est attendue pour animer la soirée devant les convives.

Mais il s’avère que la France est ruiné. Clemenceau n’a plus de liquidité pour payer le banquet à l’Elysée. Heureusement le Père est là. Il paye l’addition. La fête est totale et la prestation d’Estelle soulève tant d’admiration que le président finit par lui octroyer la Légion d’Honneur. Les cinq cents invités, dans la joie la plus complète, finissent par danser le Tango Apache sur l’air de la Marseillaise. Tout le monde est heureux.

Paroles de la chanson L'hirondelle du faubourg

(E. Dumont - F.L. Fenech) :

 

A l'hôpital c'est l'heure de la visite
Le médecin en chef passe devant les lits :
Le numéro treize, qu'est-ce qu'elle a cette petite ?
C'est la blessée qu'on amena cette nuit
N'ayez pas peur, faut que je sonde vos blessures
Deux coups de couteau... près du cœur... y a plus d'sang !
Non, pas perdue... à votre âge on est dure
Seulement tout de même faut prévenir vos parents !
Mais la mourante alors a répondu :
Je suis toute seule depuis que maman n'est plus.

[Refrain]
On m'appelle l'Hirondelle du Faubourg
Je ne suis qu'une pauvre fille d'amour
Née un jour de la saison printanière
D'une petite ouvrière
Comme les autres j'aurais peut-être bien tourné,
Si mon père au lieu de m'abandonner
Avait su protéger de son aile,
L'Hirondelle

Le docteur reprit : Vous portez une médaille
C'est un cadeau, sans doute, de votre amant ?
Non c'est le souvenir de l'homme, du rien qui vaille
De l'homme sans cœur qui trompa ma maman !
Laissez moi lire : André, Marie-Thérèse
Mais je la reconnais cette médaille en argent
Et cette date : Avril quatre-vingt-treize !
Laissez-moi seul, je veux guérir cette enfant
Vous me regardez tous avec de grands yeux
C'est mon devoir de soigner les malheureux.

[Refrain]
On l'appelle l'Hirondelle du Faubourg
Ce n'est qu'une pauvre fille d'amour
Née un jour de la saison printanière
D'une petite ouvrière
Comme les autres elle aurait bien tourné,
Si son père au lieu de l'abandonner
Avait su protéger de son aile,
L'Hirondelle

Le numéro treize toujours quarante de fièvre
Oui... ça ne va pas comme je l'avais espéré
Je vois la vie s'échapper de ses lèvres
Et rien à faire... rien... pour l'en empêcher !
Je suis un savant, j'en ai guéri des femmes
Mais c'est celle-là que j'aurais voulu sauver.
La voilà qui passe... écoute retiens ton âme
Je suis ton père ma fille bien-aimée...
Je ne suis pas fou... je suis un malheureux
Vous mes élèves, écoutez... je le veux.

On l'appelait l'Hirondelle du Faubourg
C'était une pauvre fille d'amour
Née un jour de la saison printanière

D’une petite ouvrière

Comme les autres elle aurait bien tourné

Si lâchement au lieu de l’abandonner

J’avais su protéger de mon aile,

L’hirondelle.

Pour écouter la chanson de Lina Margy, L'hirondelle du faubourg, cliquez sur les paroles de la chanson.

 

 

Para escuchar la canción de Lina Margy, L'hirondelle du faubourg, hacer clic en la letra de la canción.

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