Le 11 février 2014 notre cher ami et maître sculpteur François Baschet s’est éteint à Barcelone… En me souvenant de si bons moments passés ensemble dans son merveilleux atelier rue Jean de Beauvais, dans le Vème arrondissement de Paris, m’est venu en mémoire la sollicitation que François m’avait faite, fin 2009, pour que l’on reprenne ensemble l’argument d’une sorte d’ « opérette tango » sortie de son imagination.

Indubitablement, le Polaco, Roberto Goyeneche ce fut l’un de ceux qui ont laissé une trace indélébile dans l’histoire du tango chanté. Il est né dans le quartier de Saavedra, à la périphérie de Buenos Aires, le 29 janvier 1926. D’ascendance basque, son père, était tapissier de profession et jouait du piano. Il composait aussi de temps à autre. Dans sa famille, un oncle, Roberto Emilio Goyeneche, était un musicien assez connu dans les années 20/30, auteur du célèbre titre Pompas de jabón, tango chanté par Gardel. Tout petit déjà, Robertito montre un sens pour le chant et le rythme.

Goyeneche avait l’habitude de dire: « creo que el tango me quiere a mí… ¿ sabes por qué ?, porque en algunos tangos me dice despacito gracias » (J’ai la sensation que le tango, m’aime, moi… tu sais pour quoi ? parce que dans certains tangos, à voix basse, il me dit « merci »). Bon nombre d’auteurs, ont composé pour lui, comme Homero Expósito qui lui a écrit de fantastiques textes comme : Naranjo en flor,  cette poésie qui retrace l’histoire d’amour d’une belle « más blanda que el agua, que el agua blanda » (plus douce que l’eau, que l’eau tendre) : Chau no va más, Oyeme (pour la mort d’un ami, Horacio Francini, frère du directeur).

Il y a après peu une dizaine d’années, à partir d’un projet de publication qui est resté lettre morte, j’ai eu l’occasion de réaliser un entretien avec le bandonéoniste portègne, installé à Paris, César Stroscio. Musicien de tango et pédagogue, avec une longue trajectoire à coté de Juan « Tata » Cedrón et son célèbre ensemble El cuarteto Cedrón, le trio Esquina, et d’autres, le « maestro » nous a expliqué et bandonéon en main, nous a illustré musicalement les différents aspects qui touchent a si particulier instrument. Voici la transcription de la dite conversation.

Diego Petersen: Et quant à la fabrication de l’instrument, on utilise un bois spécial ?

César Stroscio: Ce qui est utilisé pour l’extérieur, c’est du bois de gaïac, pour le soufflet c’est du carton et du cuir. Ce n’est pas un bois très spécial. Ce qui est spécial, c’est l’acier utilisé pour les anches, qu’on n’a toujours pas identifié. Les Argentins ont adapté le modèle de bandonéon fabriqué à cette époque en Allemagne, plus tard on a pratiquement arrêté d’en jouer en dans ce pays, on en a très peu joué, il a juste servi dans les bals.

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